Du multilinguisme vers la préservation de la diversité linguistique : une expérience d’apprentissage auto-supervisé
Articolo
Data di Pubblicazione:
2025
Citazione:
(2025). Du multilinguisme vers la préservation de la diversité linguistique : une expérience d’apprentissage auto-supervisé [journal article - articolo]. In LANGAGES. Retrieved from https://hdl.handle.net/10446/304506
Abstract:
Dans notre société actuelle, de plus en plus interconnectée, où la communication quotidienne
est de plus en plus confiée à des systèmes d’intelligence artificielle (Vetere, 2023), une
réflexion impliquant les questions de diversité culturelle et linguistique, de respect des
paramètres d'inclusion et d'égalité dans la représentativité des différents genres ou groupes
sociaux, linguistiques et culturels, s’impose.
Cette urgence est réaffirmée, entre autres, par les Conclusions du Conseil de l'Union
européenne sur le renforcement des échanges culturels par la mobilité des artistes et des
professionnels de la création et de la culture et par le multilinguisme à l'ère numérique
(2022/C 160/07), qui statuent que :
Une politique ambitieuse de diversité culturelle et linguistique devrait pleinement intégrer les
questions liées à la durabilité et tirer parti de l'innovation technologique, y compris dans le
domaine numérique.
Dans la même perspective, la Résolution du Parlement européen du 3 mai 2022 sur
l'intelligence artificielle à l'ère numérique (2020/2266(INI)) appelle à la mise en œuvre et au
développement de la technologie de l'IA dans le domaine des langues minoritaires de manière
à encourager leur connaissance et leur utilisation :
[Le Parlement] invite l’Union à veiller à ce que les systèmes d’IA reflètent sa diversité culturelle
et son multilinguisme, afin de lutter contre les biais et la discrimination; souligne que, pour
prévenir les biais dans les systèmes d’IA, il est nécessaire de promouvoir la diversité au sein des
équipes qui mettent au point et exécutent des applications d’IA spécifiques et qui évaluent les
risques qu’elles posent [...]
Nous assistons en effet à une situation quelque peu paradoxale : si les applications fondées
sur l’IA permettent désormais la création et le transfert de contenus multilingues de plus en
plus nombreux et pervasifs, force est de constater que ce multilinguisme n’est souvent que
formel, et qu’il risque de rester au niveau de l’interface de surface (Vetere, 2023).
L'apparente croissance exponentielle du multilinguisme dans le domaine des applications que
l'intelligence artificielle peut intégrer ne va pas nécessairement de pair avec une appropriation
plus importante ou plus équitable des diverses langues officielles de l'Union européenne.
Selon Larsonneur (2021), si les évolutions des applications de l’IA à l’heure actuelle
semblent garantir un essor progressif des communications multilingues, ce multilinguisme
“d’interface” ne correspond pas à une défense de la diversité linguistique dans une
perspective d’écosystème mondial durable, bien au contraire :
Les algorithmes gratuits de traduction neuronale et les assistants personnels intelligents
permettent à de nombreux utilisateurs à travers le monde de produire et de diffuser du contenu
dans différentes langues, promouvant ce que j’appellerais un multilinguisme d’interface en
matière de quantité, de visibilité et d’accessibilité. Pourtant, à y regarder de plus près, cette
évolution se fait aux dépens de la diversité linguistique.
Le risque, comme le soulignent Raus et al. (2022), est que ce multilinguisme de pure
interface se traduise dans un appauvrissement de la richesse de la diversité linguistique
existante, et à long terme dans une homologation linguistique et sociale, aplatie sur une forme
de lingua franca “mécanique” propre des communications gérées par l’intelligence
artificielle, dans un processus de dégénération de l’écosystème que Vetere (2023 : 81)
désigne du terme d’extinction numérique.
Selon Raus et al. (2022), cette tendance serait entr
est de plus en plus confiée à des systèmes d’intelligence artificielle (Vetere, 2023), une
réflexion impliquant les questions de diversité culturelle et linguistique, de respect des
paramètres d'inclusion et d'égalité dans la représentativité des différents genres ou groupes
sociaux, linguistiques et culturels, s’impose.
Cette urgence est réaffirmée, entre autres, par les Conclusions du Conseil de l'Union
européenne sur le renforcement des échanges culturels par la mobilité des artistes et des
professionnels de la création et de la culture et par le multilinguisme à l'ère numérique
(2022/C 160/07), qui statuent que :
Une politique ambitieuse de diversité culturelle et linguistique devrait pleinement intégrer les
questions liées à la durabilité et tirer parti de l'innovation technologique, y compris dans le
domaine numérique.
Dans la même perspective, la Résolution du Parlement européen du 3 mai 2022 sur
l'intelligence artificielle à l'ère numérique (2020/2266(INI)) appelle à la mise en œuvre et au
développement de la technologie de l'IA dans le domaine des langues minoritaires de manière
à encourager leur connaissance et leur utilisation :
[Le Parlement] invite l’Union à veiller à ce que les systèmes d’IA reflètent sa diversité culturelle
et son multilinguisme, afin de lutter contre les biais et la discrimination; souligne que, pour
prévenir les biais dans les systèmes d’IA, il est nécessaire de promouvoir la diversité au sein des
équipes qui mettent au point et exécutent des applications d’IA spécifiques et qui évaluent les
risques qu’elles posent [...]
Nous assistons en effet à une situation quelque peu paradoxale : si les applications fondées
sur l’IA permettent désormais la création et le transfert de contenus multilingues de plus en
plus nombreux et pervasifs, force est de constater que ce multilinguisme n’est souvent que
formel, et qu’il risque de rester au niveau de l’interface de surface (Vetere, 2023).
L'apparente croissance exponentielle du multilinguisme dans le domaine des applications que
l'intelligence artificielle peut intégrer ne va pas nécessairement de pair avec une appropriation
plus importante ou plus équitable des diverses langues officielles de l'Union européenne.
Selon Larsonneur (2021), si les évolutions des applications de l’IA à l’heure actuelle
semblent garantir un essor progressif des communications multilingues, ce multilinguisme
“d’interface” ne correspond pas à une défense de la diversité linguistique dans une
perspective d’écosystème mondial durable, bien au contraire :
Les algorithmes gratuits de traduction neuronale et les assistants personnels intelligents
permettent à de nombreux utilisateurs à travers le monde de produire et de diffuser du contenu
dans différentes langues, promouvant ce que j’appellerais un multilinguisme d’interface en
matière de quantité, de visibilité et d’accessibilité. Pourtant, à y regarder de plus près, cette
évolution se fait aux dépens de la diversité linguistique.
Le risque, comme le soulignent Raus et al. (2022), est que ce multilinguisme de pure
interface se traduise dans un appauvrissement de la richesse de la diversité linguistique
existante, et à long terme dans une homologation linguistique et sociale, aplatie sur une forme
de lingua franca “mécanique” propre des communications gérées par l’intelligence
artificielle, dans un processus de dégénération de l’écosystème que Vetere (2023 : 81)
désigne du terme d’extinction numérique.
Selon Raus et al. (2022), cette tendance serait entr
Tipologia CRIS:
1.1.01 Articoli/Saggi in rivista - Journal Articles/Essays
Elenco autori:
Maldussi, Danio; Rossi, Micaela; La Quatra, Moreno
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